La compagnie basée à Luanda, en Angola, se dit capable de collecter, pour chaque pays africain, jusqu’à 300 millions USD, par an, de taxes perdues, dans l’économie numérique. Ces recettes, nouvelles, sont constitués, principalement, des impositions sur la messagerie A2P (application-à-personne), les prélèvements sur le commerce électronique, les paiements numériques et les transactions de cryptomonnaies. Intellico est une agence spécialisée dans l’intelligence artificielle, au service notamment de la protection des institutions et également au service de l’économie nouvelle liée à l’intelligence artificielle.
Que pouvez-vous nous dire d’Intellico dont vous êtes le président-directeur exécutif ici en Angola ?
Intellico est une compagnie basée en Suisse et désormais présente sur le continent africain. Nous apportons des nouveautés dans tout ce qui est intelligence artificielle, mine digitale et cybersécurité.
Dites-nous concrètement comment fonctionne votre mine digitale que vous avez mise en place ici à Luanda ?
Une nouvelle source de revenus souveraine pour les États africains. Il s’agit de collecter pour les États l’ensemble des taxes perdues dans l’économie numérique, constitué principalement des impositions sur la messagerie A2P (Application-à-Personne), les plateformes OTP, les prélèvements sur le commerce électronique, les paiements numériques et les transactions de cryptomonnaies.
Ces flux numériques créent de la valeur à l’échelle mondiale, mais ne profitent pas pleinement au continent africain. Chacun de nos pays perd entre 50 et 300 millions de dollars par an du trafic contrôlé hors du continent. La tarification est négociée sans l’intervention des gouvernements et nous ne disposons pas d’un système continental intégré.
La messagerie A2P représente des milliards de flux au quotidien. Il s’agit d’un système qui permet à une application d’envoyer des messages automatisés à une personne, généralement à des fins professionnelles. Elle est différente de la messagerie P2P (Personne-à-Personne) car elle n’implique pas d’échange humain direct, mais sert à des usages comme des alertes transactionnelles (codes de sécurité, confirmation de commande), des rappels de rendez-vous ou des campagnes de marketing.
Comment arrivez-vous dans le secteur de l’intelligence artificielle ?
En Afrique, nous sommes d’abord focalisés sur le développement et l’appui aux systèmes économiques basés sur tout ce qui est dispositif électronique et numérique, avec des programmes pilotes directement orientés vers la jeunesse. L’idée étant de s’appuyer sur la passion de nos jeunes pour l’intelligence artificielle afin de développer une intelligence avancée.
Nous avons aussi donné à notre engagement une dynamique philanthropique avec une vocation tournée vers notre jeunesse. Nous avons développé plusieurs centres de formation de jeunes apprentis et de jeunes experts en intelligence artificielle.
Pourquoi n’êtes-vous pas resté au sein de la maison mère d’Intellico en Suisse ?
Je me définis comme un panafricaniste. J’ai avant tout pensé à la jeunesse de mon continent et aux nombreux besoins en intelligence artificielle, notamment pour la réalisation des multiples défis de la gouvernance. Au-delà de Luanda et de l’Angola, nous avons une présence africaine, avec des activités dans des pays comme le Nigéria et le Kenya, où nous travaillons à la transmission de l’intelligence artificielle. Nous travaillons aussi ardemment à l’exploitation de l’IA dans la gouvernance, notamment dans la collecte des taxes dans le secteur numérique.
L’IA était-elle votre domaine de prédilection ?
J’ai été, à la base, formé en diplomatie. Face au développement et à l’emprise des nouvelles technologies dans la gouvernance et l’influence au niveau mondial, je me suis formé à Dubaï dans l’IA. J’ai fait un MIT et un Master en ingénierie artificielle dans le domaine de la cybersécurité.
Que pouvez-vous nous dire des services en IA que vous proposez en Angola aux institutions publiques, au secteur privé et aux particuliers ?
Le marché de la cybersécurité est en pleine expansion. Les menaces se multiplient et se réinventent sans cesse. Les banques et bien d’autres institutions sont des cibles privilégiées des hackers. Les particuliers aussi subissent la menace.
Nous demandons à nos clients de bien vouloir faire attention à ne pas se perdre dans l’ignorance digitale. C’est encore quelque chose de très important. Nos services sont là non seulement pour protéger les systèmes de nos clients, mais aussi pour leur apporter la preuve qu’ils ont été attaqués, et poursuivre également les auteurs des attaques. C’est aussi une innovation que nous apportons.
L’avenir économique mondial est numérique. Peut-on considérer les cyberattaques comme le plus grand danger qui pèse sur ce secteur ?
Nous n’avons cessé d’alerter, principalement les États, sur la menace existentielle que représente le hacking. Nous évaluons le taux de vulnérabilité de nos États à plus de 90 %. Nous avons des systèmes d’IA et des technologies avancées qui peuvent maîtriser les dangers et sécuriser nos institutions.
Intellico est vraiment le partenaire fiable pour le recouvrement de ces taxes perdues quotidiennement.
Nous disposons d’accords internationaux et d’un accès aux marchés mondiaux. Notre expertise peut être rapidement déployée partout en Afrique avec un délai de mise en œuvre de 45 à 60 jours .Il s’agit encore une fois de plus de permettre à nos États de disposer d’une source de revenus durable, stable et immédiate, en phase avec la croissance démographique des utilisateurs de technologies. Notre solution est également évolutive.
Parlez-nous à présent de l’école Intellico. Comment le projet a-t-il été monté ?
L’école a une capacité d’accueil de 500 apprenants et peut recevoir des étudiants issus de tout le continent. Elle se veut très inclusive et donne à chacun la possibilité de saisir les immenses opportunités de travail qu’offre l’intelligence artificielle. Pour postuler au recrutement, il suffit juste de justifier d’un anglais de base et d’une initiation complète à l’informatique. Les candidats peuvent nous contacter directement sur nos pages ou depuis notre site web.
Nos étudiants peuvent également se former à distance. Il suffit juste d’avoir un kit complet Office, et vous pouvez suivre les enseignements et vous faire évaluer depuis votre maison ou votre bureau. Nous développons actuellement des kits qui donneront des emplois à toute la jeunesse africaine intéressée par le système d’apprentissage d’Intellico. Tout est ouvert. On n’a pas besoin de se présenter dans un bureau : même depuis votre maison, aussi longtemps que vous avez le kit, vous pouvez commencer à travailler de chez vous, notamment dans la défense numérique contre les attaques cybernétiques.
À combien s’élève la pension quand on veut adhérer à Intellico ?
Nous avons des packages, notamment pour les institutions étatiques, en particulier de défense. Nous avons aussi des formations pour les particuliers qui souhaitent apprendre. Ne serait-ce que pour ces deux catégories, les prix sont très différents. Je ne pourrais pas exactement vous dire combien coûte un cours de cybersécurité, car il est fixé en fonction du besoin exprimé. Mais tout est flexible, ouvert à tout le monde.
Que faites-vous des jeunes que vous formez afin qu’ils ne soient pas un danger pour la société ?
C’est vrai que la cybersécurité est aussi bien offensive que défensive. D’où l’importance de bien savoir dès le début : où va le jeune, que veut-il faire ? S’il est adulte et responsable, il peut apprendre en fonction des besoins des institutions pour lesquelles il est appelé à travailler plus tard.
Propos recueillis à Luanda par Guy Nfondop


























